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COLLOQUE
Nourrir l’humanité :
"Un défi à relever ensemble"
Lyon. Agrapôle/ISARA le jeudi 19 novembre 2009 (BILAN)
Type d'intervention :
Colloque gratuit.
Organisateurs
Rés’OGM Info
Public :

Lieu




Plaquette Colloque couleur

Texte de participation de l’ISARA au colloque

Présentation :

« Nourrir l’humanité, un défi à relever ensemble », la nature au service du monde paysan ?

Ce jeudi 19 novembre 2009, plus de 450 personnes dont 50 agriculteurs se pressaient dans le hall des amphis de l’Agrapôle. Accueillis par l’association Rés’OGM Info organisatrice de l’évènement, ces participants de tout horizon venaient découvrir comment le monde agricole peut faire une nouvelle alliance avec la nature.

Thème d’actualité s’il en est, ce colloque avait la particularité de s’adresser d’abord et surtout au monde agricole (agriculteurs, représentants d’instances d’agriculture, étudiants en agronomie et agroalimentaire, journaux spécialisés). Pour ce faire, Rés’OGM Info a souhaité donner deux dimensions complémentaires :
- aborder la question de la biodiversité et la nature au service de l’agriculture
- démontrer le lien entre les sciences de la vie avec les pratiques culturales innovantes, efficaces ou considéré comme alternatives aux biotechnologies.

La journée se voulait un temps d’information, de rencontres et d’échanges entre tous les participants. Elle se découpait donc en deux temps : la matinée consacrée à une rétrospective des défis auxquels l’humanité se confronte concernant l’agriculture et des pistes d’actions, des méthodes présentées pour y répondre. Entre les interventions, le public a pu réagir, poser des questions.

Suivie d’un regard attentif, la journée fut ponctuée de deux interventions d’un philosophe "grand témoin" de la journée.

Le nombre important d’inscrits a donné une ambiance festive et conviviale, sans débordement de temps ni d’organisation. Les séquences et les ateliers ont pu tenir leur temps impartis.

Face aux défis, quels changements avec quels alliés ?

Les défis sont multiples : sociaux, économiques et bien sûr écologiques. Parmi tous les défis qu’on pourrait lister, Valentin Beauval et Marc Dufumier pointent quelques défis majeurs, dont le spectre de la démographie, l’adaptation au réchauffement climatique et l’adaptation des systèmes de productions, la pauvreté ou encore la fertilité des sols. « Le défi est de parvenir à un doublement de la production alimentaire végétale dans le monde, en moins d’un demi-siècle, en s’adaptant au probable réchauffement climatique, en évitant les émissions de gaz à effet de serre et en respectant au mieux le cadre de vie des populations rurales et urbaines » Dufumier

1 milliard d’hommes a faim, 2 milliards sont mal nourris, nous rappelle le professeur d’économie à l’ISARA-Lyon, M.Guglielmi. La faim est une conséquence de la mauvaise distribution des denrées et la diminution de la paysannerie familiale, et non pas la conséquence d’une baisse de rendements générale. De plus les modes alimentaires et la production d’agrocarburants ont modifié l’échelle des besoins. Aujourd’hui, des experts s’accordent à penser qu’il faudrait repenser le fonctionnement de l’OMC et les modes de régulation des prix. Pour la Banque Mondiale, il est également « temps de redonner à [l’agriculture] une place centrale dans le programme d’action en faveur du développement.(…) L’agriculture a une capacité particulière de réduction de la pauvreté »(rapport de la Banque Mondiale, 2008) Et, conclut le professeur, s’il faut revisiter les marchés multilatéraux et les financements multilatéraux, qui invitera les Africains et les Brésiliens à la grande table ?

Pourtant des solutions à portée des paysans existent, adaptées au contexte local. L’agroécologie en est une. Dominique Vallod explique que l’agroécologie n’est pas uniquement une science : c’est aussi des pratiques, et un mouvement ; 3 dimensions intimement liées qui s’auto-alimentent et se font avancer mutuellement. La coopération entre recherche scientifique par des spécialistes du sol et du végétal et pratiques culturales respectueuses de la terre par des agriculteurs Rhône-Alpes ouvre des connaissances et des pistes alternatives aux techniques désastreuses de l’agriculture intensive. « Il existe d’ores et déjà des techniques inspirées de l’agro-écologie, susceptibles d’accroître les productions à l’hectare sans recours exagéré aux engrais de synthèse et produits phytosanitaires » (Marc Dufumier 2009). Le défi d’aujourd’hui revient aux agronomes spécialisés (génétique, microbiologie, science du végétal) : « Ils devront désormais rendre plus intelligible le fonctionnement concret des écosystèmes aménagés par les agriculteurs, et expliquer les effets des diverses techniques pratiquées sur les rendements des cultures et les performances des troupeaux ».

Le paysan, quant à lui, doit être davantage reconnu dans ses savoir-faire, ses pratiques, et ses conditions de travail et donc de l’inégalité des ressources et des revenus paysans au sud comme au nord. « Aucune technique ne peut être considérée comme meilleure dans l’absolu, sans référence aux conditions agro-écologiques et socioéconomiques dans lesquelles opèrent les catégories d’agriculteurs ».

Mais du chemin reste à faire. Dominique Viannay, président de Rés’OGM Info, et maraîcher, rappelle que si, le paysan attend un soutien général des composantes de la société (science, politique, consommateur), il a le défi de se libérer de l’influence des modèles sociaux et culturels (rapport à la nature, image de la réussite, rapport à la technique). Il pourra ainsi réapprendre que la nature est sa meilleure alliée. Les fonctionnalités naturelles, expliquées par les « scientifiques obstinés à ne pas négliger le potentiel de la nature » et démontrées dans les champs, sont une solution durable pour nourrir l’humanité et agir pour la planète.

Et le philosophe d’élargir notre regard en posant la question de quel monde nous voulons laisser en héritage. Daniel Cérézuelle, expose que la transformation de l’agriculture en industrie au dernier siècle, « est une question qui engage le type de monde dans lequel nous allons vivre. Il y a décalage entre la préoccupation pour la planète, qui a le temps pour elle, et les hommes, qui n’ont pas le temps pour eux. On risque de déboucher non pas sur une planète invivable, mais sur un monde invivable (…). Ce qu’on appelle la "Révolution agricole" n’est rien d’autre que l’extension de la société industrielle et urbaine à la totalité de l’espace et de la population et l’effacement de la diversité des sociétés locales ».

Alors si toutes les interventions partagent le même état des lieux inquiétant du monde agricole et de la faim, comment y remédier en tant que paysan ?

Alliance science/ paysan, nature/ agriculture, des ateliers d’espoir

Les ateliers de l’après midi étaient consacrés à exposer des pratiques culturales, des connaissances en matière de potentiel du végétal ou des pratiques confirmées, au service de l’agriculteur mais surtout dans la perspective de meilleurs rendements.

Les ateliers « autonomie alimentaire » et « biodiversité au service de la nature » ont accueilli le plus grand nombre de participants (60 personnes chacun). Ce qui démontre un intérêt certain dans la région Rhône-Alpes- région d’élevage et de cultures légumières et fruitières - pour les questions actuelles de l’alimentation, de la protection de la nature et la recherche (ou le questionnement d’un autre rapport à la nature).

La diversité des thèmes et des inscrits a permis des échanges variés dans les ateliers avec un petit nombre de témoins. Il est regretté par les participants de certains ateliers que les intervenants n’aient pas respecté leur durée de parole, réduisant largement le temps d’échanges. De plus le nombre d’inscrits de non-agriculteur était supérieur aux agriculteurs ce qui a impacté la teneur des échanges, peut être insuffisamment « agricoles ou pratiques ».

Points communs aux ateliers :

Les élus et le pouvoir politique ont un rôle à jouer pour faciliter la mise en oeuvre de la politique d’une agriculture durable et de la recherche empirique avec les paysans. Les intervenants dénoncent un manque de cohérence ; un frein politique, le besoin d’une réflexion sur la territorialisation qui inclut les politiques, les consommateurs, les producteurs. Pour la plupart, l’agriculture et la société doivent être de vrais partenaires et ne pas détruire la planète . Cela peut se résoudre si les paysans se rencontrent, se parlent, mutualisent et s’ils sont associés aux programmes de recherche dès le départ. Et si les consommateurs sont informés par les paysans éclairés. Les représentations collectives sont à prendre en compte pour savoir comment aborder le paysan et le citoyen.

Et surtout, pour que ces pratiques innovantes s’appliquent, il faut prendre en compte la capacité propre des plantes, dans l’agriculture.

Nous envisageons de faire un DVD du colloque avec fascicule, de mettre en ligne les interventions sur ce site et de compléter le guide technique avec les apports du colloque. Si vous souhaitez être informé(e/s), nous vous invitons à vous inscrire à notre newsletter.

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