Tendre vers une autonomie alimentaire des élevages

 Présentation

Les productions animales n’ont cessé d’augmenter en Europe depuis une cinquantaine d’années. Ceci, couplé à une intensification de l’agriculture et de l’élevage n’a fait qu’amplifier notre dépendance protéique vis à vis des pays producteurs de soja.

Le système maïs/soja, sur lequel repose la majorité de l’alimentation animale, est remis en question par la présence dominante des OGM dans les cultures de soja, les ravages provoqués en Amérique du Sud (déforestation, pollution des eaux, expulsion de petits producteurs…), les difficultés d’ordre économique et environnemental rencontrées par les agriculteurs français et les exigences des consommateurs.

De nombreux végétaux, adaptés à nos sols et climats proposent pourtant de véritables alternatives au soja pour l’apport en protéines tels que le lupin, la luzerne, la fèverole ou encore le pois et permettent d’acquérir une autonomie en alimentation animale (tout du moins de s’en rapprocher).
Avant tout, il ne faut pas oublier qu’un des points importants est d’adapter le troupeau aux capacités de production de la ferme et non l’inverse.
Un tableau présentant ces divers végétaux, leurs avantages et inconvénients, leur taux de protéines, leur utilisation pour initier une réflexion sur l’autonomie en protéines, et adapter le choix de culture aux caractéristiques du territoire est disponible page suivante (Source : Cultiver son autonomie en protéines, FNCIVAM, Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural et le Réseau Agriculture Durable). Retrouvez le tableau dans la fiche PDF et dans le guide.

La difficulté de s’affranchir du soja peut aussi être contourné en remplaçant l’ensilage de maïs par l’herbe. En effet, le maïs apporte de l’énergie en quantité mais avec un déficit en azote important. A contrario, le foin, bien que moins riche en UFL , apporte une quantité appréciable de protéines (et avec un rapport PDIE /PDIN plus proche de 1). Il existe cependant des grandes variations d’UFL et de PDI en fonction de la qualité du foin (selon la date de récolte, les conditions climatiques…). Dans tous les cas, la ration peut être complétée avec des céréales et éventuellement des protéagineux produits sur la ferme, sans passer par l’achat de soja.
Le gros problème vis à vis de l’herbe reste que son utilisation requiert une surface importante et comme dit précédemment, les variations importantes de la qualité suivant les années et les parcelles. Pour ce dernier point, le séchage en grange peut apporter une solution car, en réduisant la durée du chantier de fenaison, les risques liés au climat sont limités, et il permet un fauchage précoce, donc la récolte d’un foin au maximum de sa valeur alimentaire. Le foin obtenu est alors de meilleur qualité (et ce chaque année) et présente une meilleure appétence. De plus, bien que l’investissement de départ ne soit pas négligeable, il semble que les économies soient importantes (charges de mécanisation, temps de travail…). http://www.segrafo.com/index.php ?rang=2

 Ensilage de mélange céréales - protéagineux immatures

Bien que ce fourrage soit encore au stade de l’expérimentation (choix des espèces, densité de semis…), des points intéressants semblent se dégager. Tout d’abord, en conditions sèches, les rendements sont plus importants et plus réguliers que ceux du maïs (ce n’est pas le cas dans les parcelles irriguées), il semble que les valeurs nutritives sont assez peu élevées mais cet ensilage est plutôt bien valorisé (avec notamment une bonne rumination). En ce qui concerne les variétés de céréales, l’avoine est un bon tuteur pour les protéagineux et on peut également utiliser le blé et le triticale. Pour les protéagineux, pois et vesces sont bien adaptés.

 La région Rhône-Alpes soutient l’autonomie alimentaire des élevages

De nombreux agriculteurs se sont engagés dans de nouvelles méthodes de productions et, dans ce cadre, ne trouvent aucun intérêt aux OGM. C’est le cas de certains producteurs de maïs qui pratiquent les rotations de cultures pour lutter contre les insectes prédateurs : ils n’ont pas besoin des semences de maïs OGM Bt. C’est le cas aussi des éleveurs qui, avec leurs propres productions végétales couvrent tous les besoins alimentaires de leurs troupeaux : des lors, ceux-ci n’ont plus à acheter les tourteaux de soja habituellement utilisés pour combler le déficit protéique.

La Région Rhône-Alpes a décidé d’aider les éleveurs de vaches, de brebis et de chèvres à évoluer vers plus d’autonomie alimentaire. Plusieurs dispositifs, élaborés avec de nombreux professionnels et les organismes compétents, sont désormais en application. Le premier temps consiste à l’établissement de préconisations précises pour améliorer l’autonomie alimentaire : à partir d’un diagnostic de l’exploitation, quels fonctionnements modifier et quels investissements réaliser ?
Le diagnostic est pris en charge à 80% par la Région pour un montant maximum de 800€. Il est réalisé par une structure compétente choisie par l’éleveur. Il tient compte tout à la fois de l’état financier de l’exploitation, de ses capacités foncières, agronomiques et en main d’œuvre.
Les préconisations sont concrètes ; elles peuvent porter sur des modifications de culture, sur l’amélioration des prairies, la gestion des pâturages. Les investissements peuvent favoriser le séchage du foin en grange, le stockage des aliments concentrés, la traite mobile, le semis sans labour, l’entretien des prairies.
Les aides de la Région peuvent être individuelles, collectives ou territoriales. A partir du moment où elles correspondent aux préconisations établies, la région peut intervenir pendant 3 ans pour leur mise en œuvre.

Télécharger le dépliant ci dessous
Renseignements et formulaires : www.agriculture.rhonealpes.fr

Parallèlement à ce dossier, trois autres points sont également à l’étude :
- comment relancer le programme de multiplication et de culture de protéagineux (expérimentation sur le soja dans le Haut Grésivaudan en Isère…),

- la disponibilité en tourteaux de soja non OGM en provenance du Paraná (Brésil) avec un voyage d’étude programmé en avril,
- comment allier le développement de l’autonomie, ainsi que la suppression de la nourriture OGM et l’absence de contraintes supplémentaires et la valorisation par l’aval.


— > VOIR plus bas le texte de la Région Rhône-Alpes présentant la nouveau dispositif sur l’autonomie alimentaire des élevages.
Pour en savoir plus sur cette commission, contacter Gérard LERAS :
tél : 04 72 59 40 00, gleras@rhonealpes.fr

Le PEP (Pôle d’expérimentation et de Progrès) Bovin lait met en place des programmes de recherche répondant aux spécificités régionales et aux demandes des agriculteurs, dans une démarche d’agriculture durable. Leur programme de recherche est entre autre orienté vers « l’autonomie en protéines dans les systèmes laitiers.

Pour en savoir plus sur le PEP Bovin lait :
http://www.pep.chambagri.fr/html/bovinslait.html
Contact : Barbara Bonetti, 04 76 20 68 95

Pour découvrir les documents et les fiches mises en place par le PEP : http://www.pep.chambagri.fr/bovinslait/html/contenu/doc.html

 Liens / Bibliographie

Un film qui traite de nombreux thèmes, dont celui de l’autonomie alimentaire et du séchage en grange :
H. PERINO, Cultivons la terre, Pour une agriculture durable, innovante et sans OGM, 2008, Rés’OGM info, ADDOCS 15 €

Le film Herbe, sortie en salle le 18 février 2009
contact : Jean-Jacques Rue, 06 16 55 28 57, mail
http://www.herbe-lefilm.com/

Béranger C., Cultiver son autonomie en protéines, Les Cahiers techniques de l’agriculture durable, FNCIVAM et réseau Agriculture Durable, 1995 10 €

Un site fort intéressant, Les défis ruraux, du CIVAM Haute-Normandie, qui présente des comptes rendus de formation, des ressources bibliographiques sur l’Alimentation animale sans OGM et autonomie en protéines :
http://www.defis-ruraux.fr

La documentation de Joseph Pousset agriculteur bio dans l’Orne et conseiller indépendant.
Il mène des expérmentations sur sa ferme et oeuvre à la vulgarisation des techniques bio.
http://www.bio-normandie.org/index.php/Espace_Pro/Documentation/Biodocs_rediges_par_Joseph_Pousset.html

Des propositions émises par l’ENESAD et le WWF pour diminuer la dépendance de la France au soja sur le site du WWF
ou les documents plus bas
et dans les docs attachés de la rubrique"Se fournir en soja non OGM"

 Formations

ADDEAR 42
Exemples de formations : la conduite d’une installation de séchage en grange, la régénération de prairies, l’ensilage de céréales protéagineux immatures
Tél : 04 77 26 45 51

Les CIVAM
Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural propose des formations
notamment avec le groupe ADAPA qui travaille sur l’herbe. Cf FICHES ci dessous
http://www.civam.org/


Autonomie alimentaire des élevages

valoriser l’Herbe. CIVAM Limousin

RAD Limousin témoignage 1 (bovins)

RAD Limousin témoignage 2 (ovins)

Texte Région Rhône-alpes Autonomie alimentaire élevages

Dépliant Autonomie alimentaire des élevages - Région Rhône-Alpes

dérives du couple Maïs-Soja

COMMISSARIAT GÉNÉRAL AU DÉVELOPPEMENT DURABLE n° 15 Décembre 2009 Études & documents ÉCONOMIE ET ÉVALUATION www.developpement-durable.gouv.fr Service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable La relance des légumineuses dans le cadre d’un plan protéine : quels bénéfices environnementaux ?
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