ERRATUM : page 10, il s’agit de "175 000 tonnes de pesticides", et non "175 millions de tonnes". page 13 : le colloque Nourrir l’humanité a eu lieu en 2009 (et n’est pas prévu en 2010)
Bulletin envoyé à l’ensemble des agriculteurs de la Région Rhône-Alpes, octobre 2010
Edito : Innovation et progrès : deux réalités et concepts différents
Les mots suivants « innovation », « modernité », « science » sont souvent associés à l’idée très positive de progrès pour l’humanité.
Pour mieux saisir la différence en sortant du champ agricole, on peut prendre l’exemple extrême de la bombe atomique qui s’est avérée être une innovation d’une terrible modernité. Personne n’oserait, avec le recul, l’associer à l’idée de progrès. Il ne s’agit là bien sûr pas de nier les apports de nombre d’innovations (augmentation des rendements, facilitation du métier…) mais bel et bien de les accueillir avec distance et recul. Ceci d’autant plus que certaines d’entre elles touchent au fondement même du vivant, avec pour projet de « l’améliorer » voir de le recréer artificiellement.
En s’inspirant des mécanismes naturels à l’œuvre dans le monde du vivant (sols, plantes, organismes, climats… ), on peut également être innovant et participer à l’amélioration du système agricole. En comprenant les interactions en jeu on peut en déduire de nouvelles stratégies de productions et itinéraires techniques (pas ou peu polluants et plus autonomes).
Est-ce que le progrès en agriculture ne pourrait pas être pour un paysan ?
de redevenir plus maître à bord,
d’apprendre à utiliser les services (gratuits) de la nature pour mieux maîtriser les ravageurs,
redonner de la vie à son sol,
réduire la quantité de travail pour mieux vivre
se rapprocher des consommateurs (nos clients directs ou finaux) et des citoyens qui nous soutiennent.
C’est un projet fait de liberté, d’autonomie et de créativité.
Rés’OGM Info est une association d’information sur les OGM qui, depuis 2005, étudie les risques et enjeux liés aux OGM et participe activement à la réflexion sur les alternatives. L’association ne s’oppose pas par principe aux OGM (en particulier ceux utilisés en milieu confiné pour la recherche) mais, considère qu’après analyse approfondie, les OGM proposés actuellement en agriculture ne sont pas acceptables pour de nombreuses raisons. Nous vous proposons ce bulletin d’information et également le soutien à l’organisation de débats.
Dominique Viannay, agriculteur dans le Rhône,
membre de Rés’OGM Info