Maîtriser les adventices sans utiliser d’herbicides

 Présentation

Les herbicides sont les produits phytosanitaires les plus détectés dans les eaux souterraines et de surface (53% des substances retrouvées dans les eaux de Rhône-Alpes en 2005 sont des herbicides). Limiter leur utilisation, c’est donc diminuer les risques de pollution avec les risques que cela induit (impact sur les organismes aquatiques, sur la santé humaine…). Pour cela, il faut dans un premier temps gérer de façon préventive les apparitions d’adventices. Puis, si cela n’a pas suffit, on réalise une gestion curative des adventices, sans oublier tout de même que l’on peut tolérer jusqu’à un certain seuil leur présence dans la parcelle. Ce seuil dépendra de la culture, des espèces d’adventices… Il faut alors noter qu’une bonne connaissance de ces dernières peut être utile voire nécessaire.

 Faux semis

Consiste à préparer le lit de semences, sans semer. Les graines d’adventices se trouvant en surface dans des conditions idéales vont alors germer et seront facile à détruire avant l’implantation de la culture. Cette pratique peut être réitérée plusieurs fois avant de semer. Le faux semis est particulièrement efficace pour les cultures d’été et il est préférable de le pratiquer avant une petite pluie qui favorise la germination des adventices. Pour détruire les jeunes plantules, il est préférable d’utiliser des outils peu profond : de type herse étrille ou houe rotative, en travaillant à 3/4 cm de profondeur, pour éviter de faire remonter des nouvelles graines en condition de germination.

 Gestion préventive

Pour limiter les risques d’apparition de mauvaises herbes, il faut déjà limiter le risque d’apparition de leurs semences sur la parcelle. Celles-ci peuvent provenir de la parcelle elle-même, de ses abords, du matériel… Il faut donc bien veiller à empêcher la montée en graines des adventices (dans et en bordure de parcelle), implanter des haies pour bloquer le transport aérien des semences, utiliser du matériel « propre », etc… Malgré tous ces efforts, des semences se retrouveront tout de même sur les parcelles. Il convient donc là d’en empêcher la germination ou au contraire de la provoquer pour pouvoir ensuite détruire les plantules avant l’implantation de la culture (faux semis, voir encadré ci-contre). Une rotation longue et alternant culture de printemps et d’hiver permettra de casser le cycle de développement des adventices et évitera la présence d’adventices spécifiques à une culture.

Exemple d’assolement pour la région Rhône-Alpes
Exploitation céréalière en bonne terre ou irriguées :
Fèverole / Maïs / Soja / Blé / Tournesol

Polyculture élevage ou terre superficielle :
Luzerne / Luzerne / Luzerne / Blé / Association Céréales protéagineux / Trèfle / Orge hiver

Exemple tiré de Maîtriser les adventices en grandes cultures biologiques, ITAB, 2005

Le maintien d’un couvert végétal en permanence peut également empêcher un salissement excessif de la parcelle à condition de choisir un couvert « agressif » vis à vis des adventices (concurrence sur la lumière, l’eau, les éléments nutritifs…). A ce petit jeu, la palme revient au Sarrazin qui a un effet étouffant très important. Evidemment, la destruction de ce couvert doit intervenir avant la montée à graine pour ne pas obtenir l’effet inverse de celui recherché.

 Gestion curative

Si malgré tout la présence d’adventices dépasse le seuil de tolérance sur la parcelle, il reste des techniques de désherbage alternatives aux herbicides. On peut par exemple recourir aux outils mécaniques tels que la herse étrille (photo), les bineuses (rotatives, à dents…) ou encore la houe rotative. Cette technique s’utilise surtout sur les cultures sarclées mais pas seulement. On peut notamment utiliser la herse étrille et la houe rotative sur céréales à paille.
On peut également utiliser la technique du désherbage thermique qui consiste à chauffer les parties aériennes des adventices pour les détruire. Enfin, il ne faut pas oublier le désherbage manuel qui est la technique la plus efficace à long terme mais évidemment difficile à mettre en œuvre. On la réservera plutôt aux cultures à haute valeur ajoutée (notamment en maraîchage).
Tout comme pour la lutte biologique, ces méthodes culturales doivent s’accompagner d’une observation régulière et de quelques connaissances en biologie des adventices (cycle, condition de levée…).

 Plantes bio-indicatrices

Les adventices ne sont pas que des plantes qui « dérangent », mais nombreuses sont celles qui donnent des indications sur l’évolution des sols et permettent de prévoir des dysfonctionnements avant qu’il ne soit trop tard : ce sont alors des plantes bio-indicatrices.
Les pratiques culturales et le travail du sol est à penser en fonction de ces plantes : d’une part pour limiter leur prolifération, mais aussi en prenant le temps de les observer pour comprendre le message qu’elles transmettent sur l’état du sol. Par exemple, la germination de la graine de l’Ambroisie (Ambrosia artemisiifolia) indique la perte de l’humus et la disparition du complexe argilo-humique. A contrario, la présence de plantain lancéolé (Plantago lanceolata) indique un bon équilibre eau – fertilisant - matière organique et une bonne activité microbienne aérobie dans le sol. C’est une plante des meilleures prairies.

 Recherche

PEP Grandes Cultures, PEP Bio et ARVALIS
Expérimentation sur les techniques alternatives de désherbage (faux semis, hersage, binage…)
Contact : Michel Mangin (ARVALIS) 04 75 60 66 33
m.mangin@arvalisinstitutduvegetal.fr

 Livres/documents

Maîtriser les adventices en grandes cultures biologiques, Institut Technique de l’Agriculture Biologique, 2005 33 €

Joseph Pousset, Agriculture sans herbicides : Principes et méthodes, La France Agricole, 2003

Gérard Ducerf, L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales, guide de diagnostic des sols volume 1 (2005) et 2 (2008), Promonature
volume 1 : 60 € et volume 2 : 45 €
http://livre-nature.promonature.com

F. Nicolino et F. Veillerette, Pesticides : révélations sur un scandale français, Fayard, 2007 20 €
http://www.pesticides-lelivre.com/

DVD, Pesticides... non merci ! Dangers et alternatives, ADABIO, 2005 13 €

 Liens

Etat des lieux des pesticides dans les eaux de Rhône-Alpes : http://www.rhone-alpes.ecologie.gouv.fr/

Fiche faux-semis, désherbages mécanique et thermique, culture intermédiaire : http://www.rhone-alpes.chambagri.fr/phytov3/pages/fauxsemis.htm http://www.rhone-alpes.chambagri.fr/phytov3/pages/desherbage_meca.htm http://www.rhone-alpes.chambagri.fr/phytov3/pages/desherbage_therm.htm http://www.rhone-alpes.chambagri.fr/phytov3/pages/interculture_CIPAN.htm

Action Citoyenne pour une Alternative aux Pesticides : http://www.collectif-acap.fr/

Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF) http://www.mdrgf.org Contact : François Veillerette, Président. Nadine Lauverjat - Chargée de mission pesticides. Tél : 01 45 79 07 59

 Formation

ADDEAR 42
Exemples de formations : le désherbage mécanique des cultures et plus spécifiquement du maïs. Tél : 04 77 26 45 51

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